Bertrand Lavier

Bertrand Lavier


Exposition du 26 septembre 2012 au 07 janvier 2013
Centre Georges Pompidou, Paris

Après Othoniel et Morellet, le centre Georges Pompidou poursuit son tour d’horizon de la scène artistique française contemporaine en consacrant une rétrospective à Bertrand Lavier. Mais s’agit-il vraiment d’une rétrospective ? L’artiste a en effet pour vertu de travailler par séries qu’il nomme ses « chantiers », et à propos desquels il affirme : « je ne les ferme jamais ». Depuis 1969 (seule borne chronologique d’une exposition qui préfère jouer l’organisation thématique), cet héritier de Duchamp s’est illustré dans une grande variété de travaux dont les traits communs sont le jeu, le décalage et le goût pour une certaine forme de détournement. Il a ainsi comparé sur toiles deux teintes de peintures industrielles portant le même nom, peint ou monté sur socles divers objets emblématiques de notre société, joué de l’écart entre les mots et les choses et revisité avec humour la photographie et les travaux de ses pairs (Stella et Dali en tête). 
A Beaubourg, son ironie et la singularité de sa démarche se révèlent via une cinquantaine de pièces et quelques œuvres récentes qui mobilisent une grande diversité de techniques et de matériaux. Parmi elles, les assemblages d’objets banals à travers lesquels Lavier dresse, sur le modèle des expositions d’arts premiers, une sorte d’archéologie du présent, les photographies de statues de cire du musée Grévin traitées sur le mode des studios d’Harcourt, ou encore l’Alfa Roméo accidentée sauvée de la casse par l’artiste. S’il y a là beaucoup de ready-made, ils n’en sont pas moins chargés de signification et porteurs d’une histoire singulière, de sorte qu’ils ouvrent un questionnement sur l’identité…

S.L.