Motor Show, Ingo Vetter & Detroit Tree of Heaven Woodshop

Motor Show, Ingo Vetter & Detroit Tree of Heaven Woodshop


Exposition du 13 septembre au 15 décembre 2012
Centre d'Art Passerelle, Brest

Au cours des dix dernières années, Ingo Vetter a régulièrement été à Detroit aux Etats-Unis, pour ses recherches et ses productions artistiques. De nombreuses séries de photographies résultent de ces voyages. 

En 2005, il a fondé avec Mitchell Cope, Annette Weisser et certains scientifiques, le collectif « Detroit Tree of Heaven Woodshop », nom emprunté à un spécimen végétal : le bois d’Ailante (lat. Ailanthus altissima), un arbre exotique qui envahit l’espace post-industriel de la ville de Detroit, comme le symbole du déclin d’une époque fleurissante. 

L’exposition motor show regroupe un certain nombre d’images de la ville sur fond de désindustrialisation, de crise financière, écologique et sociale, accompagnées d’une installation faite de pneus de voitures et d’échelles, de sculptures en bois produites avec Detroit Tree of Heaven Woodshop. 

Detroit, comme aucune autre ville, est façonnée par l’industrie automobile et peut être synonyme de « Motor city » (« ville automobile »). La voiture devient la représentation du progrès, du désir lié au changement de climat économique et social et à l’effondrement urbain, une sorte de métaphore irrationnelle et émotionnelle, plus encore que Detroit même : Rock City, Murder City, Renaissance City, City of Tomorrow ne sont que quelques uns des noms donnés à cette ville au cours des quatre dernières décennies. Le dernier choc a été la couverture médiatique au moment de la crise financière où le sort de la ville de Detroit a été assimilé à l’ensemble des Etats-Unis. D’un point de vue symbolique, Detroit représente une préoccupation majeure même si certains s’intéressent également à la réelle situation de la ville et de ses habitants.

Detroit est un lieu dynamique où la mobilité semble être le mot d’ordre. Les changements ne prennent pas toujours la direction souhaitée. A Detroit, les choses ont souvent tendance à tergiverser dans le bon et le mauvais sens. D’un côté ça se construit, de l’autre ça se détériore et au résultat, la ville est en constante mutation. L’automobile est omniprésente mais a perdu son potentiel progressiste. Mais il y a une demande de mouvement et l’exposition motor show illustre cette « mobilité », symbolisée par des gens qui savent surmonter les obstacles.  

Les photographies d’Ingo Vetter montrent, notamment à travers la série intitulée Detroit Industries – urban agriculture, 2003, la mutation du paysage urbain de Detroit, marqué par la désindustrialisation des dernières décennies au profit de la restructuration durable des quartiers devenus déshérités. De nombreux projets communautaires auto-organisés voient le jour, utilisant les vastes surfaces vides du centre-ville pour l'agriculture et l'horticulture.