Les modalités du portrait

Les modalités du portrait


Exposition du 13 septembre au 19 décembre 2012
Centre d'Art Passerelle, Brest

Depuis 1980, Clegg & Guttmann travaillent ensemble à la réalisation d’un projet photographique qui bouleverse les rapports entre pouvoir esthétique et pouvoir « réel ».  Ils ont choisi comme sujet de prédilection le portrait « officiel », hérité de l’époque de la Renaissance en Europe du Nord et qui subsiste de nos jours sous la forme des photographies des rapports annuels publiés par les grandes entreprises. Leurs portraits individuels ou de groupes questionnent les codes de représentation de la peinture classique et les signes attribués au pouvoir et à la hiérarchie dans la société contemporaine.

Clegg & Guttmann s’interrogent sur les sièges et les formes du pouvoir dans la société postindustrielle en montrant, suivant une intention politique critique, les constructions et les artifices de cette classe sociale et en donnant à réfléchir aux codes de représentation de ce pouvoir. En dépeignant les personnalités dirigeantes de la société moderne (que ce soient les grandes familles bourgeoises, les cadres de la finance mondiale, les cercles d’initiés, les cartels, les politiciens… toutes sortes de genre qui alimentent nos fantasmes, nos fictions du pouvoir), ils mettent en avant le symbolisme du pouvoir de l’argent et la promulgation de la puissance masculine. 

Si certaines de leurs œuvres ont été commanditées par des groupes de personnes souhaitant être « représentées » par l’image d’eux-mêmes, Clegg & Guttmann ont fait appel, au départ, à des acteurs qui se servent de ces codes préétablis. Ils adoptent, de façon exagérée et conventionnelle, les postures, les regards et les règles vestimentaires de ceux qui utilisent ce vocabulaire dans leurs vies, renforcé par la présence d’objets et d’accessoires caractérisant les richesses. Ce désir d’être représenté et de posséder cette représentation de soi-même constitue une signification universelle.