Gilles Mahé

Gilles Mahé


Exposition du 22 juin au 24 août 2013
Centre d'Art Passerelle, Brest

L’œuvre de Gilles Mahé relève d’une forme d’invitation à la jubilation individuelle de l’image, mais aussi d’une méditation ironique et critique sur l’écologie des images, sur l’iconomie contemporaine. (Christophe Domino in Gilles Mahé. Capital image, 2008)

L’image occupe une place prépondérante, centrale, essentielle dans le travail de Gilles Mahé mais elle ne délivre toute sa pertinence et toute son originalité qu’en lien avec d’autres paramètres. Si l’on veut embrasser la totalité de son œuvre, il conviendrait en particulier d’envisager un autre pôle, comme un pendant à l’image. (…) L’image n’est envisageable chez cet artiste qu’en termes de circulation, d’échange, de retraitement, de transformation, de réutilisation, d’interprétation, de critique. 

Mais qu’est-ce qu’une image dans l’œuvre de Gilles Mahé ? On pourrait presque répondre : une photocopie réalisée ou visée par l’artiste. "Presque" car les peintures (Mémoire d’une œuvre d’art), les dessins (360 images symboliques), les diverses formes de photographies (35 avenue Foch ou bien Extra rapide / vite vraiment) sont également des images et cependant, c’est la photocopie qui répond le mieux à l’idée que Gilles Mahé se fait d’une image : reproductible, rapide, légère, volatile, pas chère, mobile. Non pas une image en soi, dans la roideur moderniste de l’autosuffisance et de l’autonomie ; non, une image toute simple mais une image de quelque chose, une image donc. La photocopieuse, c’est une machine à reproduire des documents qui, dans la plupart du temps, sont déjà des duplications. 

Au cœur de l’imagerie de Gilles Mahé, il y a le stock, une masse de documents rapportés par la photocopie, accumulés au fil des ans, produits et collectés, originels ou photocopiés : dessins, photographies, coupures de presse, textes, lettres, simples mots jetés sur le papier, etc. 

Des ensembles d’images, Gilles Mahé en constituera plusieurs à partir de son stock. Ce qui compte par-dessus tout, c’est la dynamique de l’échange et de la circulation, c’est l’apparition de l’image comme mouvement, c’est enfin le retour d’une même image dans des contextes différents, ce qui montre bien que ce qui importe c’est autant le récepteur de l’image que son contenu strictement iconographique.