Dress/architectures, prêt-à-porter, Sylvie Ungauer

Dress/architectures, prêt-à-porter, Sylvie Ungauer


Exposition du 10 février au 05 mai 2012
Centre d'Art Passerelle, Brest

Sylvie Ungauer travaille depuis quelques années sur la question de l’abri, l’habitat et dans ce cadre, elle fabrique des objets/sculptures à partir de formes de chapeaux (portables ou pas). Par exemple, elle a réalisé une vidéo en 1998, Mourir d’ennui avec une série de chapeaux, en 2000 une sculpture At Home en bande vidéo tricotée en forme de chapeaux et enfin une vidéo en 2006 Déplacés - a moving sculpture avec des coiffes de cheveux qui a donné lieu à une exposition au centre d’art passerelle à Brest (2007).
Depuis son arrivée à l’extrême ouest du continent européen, la confrontation avec les vestiges des constructions du « Mur de l’Atlantique » est au centre de ses préoccupations. Les bunkers souvent indestructibles sont revisités : tags, installations éphémères pour faire la fête ou alors envahis par la végétation. Elle a commencé un travail photographique des bunkers, blockhaus, casemates sur les côtes de Brest et sa région.
Ces bunkers et blockhaus l’intéressent dans leur forme standardisée. En effet, pendant la Seconde Guerre Mondiale, les allemands ont constitué une typologie des constructions en béton armé, en rapport avec leur architecture fonctionnelle d’abris, de poste d’observation ou de tir, dessinées par l’organisation Todt à Berlin. L’espace intérieur en était optimisé pour accueillir les corps. Paul Virilio dans son texte Bunker Archéologie décrit leur aspect anthropomorphe. Ce sont des habitacles.
Parallèlement, elle poursuit un travail de dessin sur le vêtement féminin, les accessoires de mode et les vêtements des femmes « musulmanes » : la burqa, comme effacement du corps et du genre, enfermement, protection et vêtement de guerre. En effet, la burqa est aussi une arme de résistance dans nos espaces publics réglés sur la transparence sécuritaire.
Porter ce vêtement est devenu, depuis peu, un acte illégal en France. C’est en confrontant le travail photographique sur les bunkers de la côte de Brest et l’évènement au Soudan en août 2009, où une journaliste invitait ses confrères à sa flagellation (40 coups de fouet pour avoir porter une tenue indécente : un pantalon), qu’il lui est venu l’idée de travailler plus particulièrement sur le vêtement. La burqa et le bunker se ressemblent formellement. Ils sont fabriqués pour cacher le corps et permettre d’observer par une fente.
Le projet prêt-à-porter est à la fois un évènement et une exposition puisque les sculptures exposées seront portées lors d’un défilé le mercredi 07 mars à 19h30 au centre d’art passerelle. La vidéo de ce défilé prendra place ensuite dans l’espace d’expostion. Ce projet se déroule en plusieurs étapes : d’une part la fabrication des coiffes/vêtements/sculptures en feutre, une exposition, un défilé - performance et la réalisation d’une vidéo. Chacune de ces étapes découle de la précédente.
Une dizaine de formes de coiffes ont été choisies parmi une sélection d’abris normalisés allemands de la Seconde Guerre Mondiale issues de la base de données Todt. Ces sortes de coiffes/vêtements/sculptures en feutre ont été réalisées avec l’aide de Brigitte Paillet, sculpteur modiste à Saint Hilaire Peyroux en Corrèze. Cette dernière fabrique des chapeaux depuis 1998 et travaille pour de grands couturiers. Elle a également entrepris une recherche sur « les chapeaux d’histoires ».
Le feutre brut, de couleur grise, est un matériau isolant, souple et rigide à la fois. L’exposition présentera l’ensemble de ces sculptures/vêtements sur des portants avec trépieds ainsi que la vidéo du défilé.