Formes Limites

Formes Limites


Exposition du 25 janvier au 24 février 2019
Beaux-Arts de Paris, Paris

Jusqu’au 24 février 2019, les Beaux-Arts de Paris présentent Formes Limites, une exposition dédiée à la pratique de la céramique dans la création contemporaine.

Nous l’avons bien compris avec Vanité, Identité, Sexualité, l’exposition consacrée à Grayson Perry, récemment présentée à la Monnaie de Paris : l’artisanat connaît un véritable renouveau dans le champ de la création contemporaine. Avec Formes Limites, les Beaux-Arts de Paris mettent plus particulièrement en lumière la technique de la céramique, et nous invitent à repenser ce médium, au-delà de son aspect purement fonctionnel.

De plus en plus d’artistes contemporains reconnaissent en la céramique une grande malléabilité, qui offre des possibilités infinies dans l’élaboration des formes, et confère aux objets un réel potentiel sculptural. Le médium séduit également par la large palette de couleurs et textures qu’il propose, grâce au travail de l’émail. Fruits d’un savoir-faire technique complexe, les œuvres présentées dans l’exposition Formes Limites font sens dans le lieu qui les accueille, la Chapelle des Petits-Augustins, un endroit chargé d’histoire, décoré de copies sculptées et peintes par les élèves de l'Académie des Beaux-Arts au XIXe siècle. Ce même décor contraste avec les céramiques lisses et épurées, et contribue à leur mise en valeur.    

Outre des pièces historiques telles que l’œuvre Pilastro du designer italien Ettore Sottsass, prêtée par le Centre Pompidou, ou la sculpture Laibe de Tony Cragg, l’exposition laisse une place de choix à la céramique japonaise, dont l’influence est très prégnante dans la création occidentale. L’œuvre de Takashi Tanaka, professeur à l’Université des Arts de Tokyo, Geidai, est parfaitement représentative de cette volonté d’ôter à la céramique sa fonction purement pratique. Pour preuve, son Ciel-Aiguière a perdu son rôle de contenant ; l’objet en lui-même a perdu toute forme, toute structure. De la céramique, il ne reste plus qu’une poussière, fabriquée à partir de faïences industrielles concassées, et disposée sur des plaques de verre assemblées, de manière à recréer par effet d’optique la silhouette d’un vase chinois de la dynastie Song.

Texte : Anne Cuzon

Visuel : Takashi Tanaka, Ciel-Aiguière, verre, porcelaine, 30x30x27cm, 2014 © Takashi Tanaka