Gérard Zlotykamien, Les Ephémères

Gérard Zlotykamien, Les Ephémères


Exposition jusqu'au 08 avril 2017

Du 18 mars au 8 avril 2017, la galerie Mathgoth présente l’oeuvre de l’artiste Gérard Zlotykamien dans une exposition personnelle intitulée Les Ephémères.

Gérard Zlotykamien est l’un des pionniers de l’art urbain en France depuis 1963, quand il commence à intervenir dans les rues de Paris. Personnage atypique, artiste insoupçonnable, il est cadre aux Galeries Lafayette le jour, graffeur la nuit. Censuré à la troisième biennale de Paris en 1963, il n’arrête pas de créer à la bombe aérosol. Durant sa longue carrière, il a exposé dans nombreux musées en France et à l’étranger; ses interventions urbaines s’étalant jusqu’en Afrique du Sud. 

Le leitmotiv de l’artistes sont les éphémères qui peuplent ses œuvres, sur les grandes surfaces murales et sur les toiles. Des silhouettes humaines sont esquissées, leur physionomie est réduite à l’essentiel : des traits pour les membres, des points pour les yeux et le nez, une bouche linéaire. Le geste précis de la bombe noire en délimite le contour, la couleur de la surface utilisée comme support définit le remplissage. L’une des marques principales de l’artiste est de s’exprimer à travers la sobriété de la composition et de la représentation. Peu à peu, il cède toutefois à une création plus expressive, aux accents légèrement inquiétants. Les personnages font des grimaces, comme traversés par des angoisses et inquiétudes, leur détresse reste pourtant silencieuse. 

Ces figures évoquent la fragilité de l’homme, elles apparaissent comme des fantômes qui font office de mémento mori, le rappel que la vie elle-même est éphémère est toujours présent. Les éphémères condensent l’histoire de l’homme. Comme l’artiste l’affirme, ce que “vous êtes aujourd’hui, c’est le cumul de ce que vous êtes depuis tout le temps”. Les figures qui flottent sont l’homme dans l’espace, ce qui assure la continuité de l’essence après le passage sur terre. Elles s’imposent à l’œil avec discrétion, comme les ombres laissées par les corps après les désastres atomiques d’Hiroshima, dont le souvenir était encore récent quand Gérard Zlotykamien a entrepris son chemin artistique. La simplicité apparente est loin de communiquer un simple message : des réflexions existentielles se cachent derrière son travail, en incarnant le sens intime du graffiti, qui existe depuis la préhistoire. La plus ancienne forme d’expression artistique est née de la nécessité de l’homme de se représenter, se situer dans l’histoire, et donc exister. 

 

Infos : 

Vernissage samedi 18 mars à partir de 16h.

Ouvert du mercredi au samedi de 14h à 19h ou sur RDV.

Crédit visuel : Gérard Zlotykamien

Texte : Ilaria Fagone


Galerie Mathgoth
34 rue Hélène Brion
75013 - Paris